EXPOSITIONS | Peinture |
2.jpg

Etienne Assenat

3 juin 2004 - 31 juillet 2004

> voir l'exposition (12 peintures)

Peintre né en 1953 à Paris

2004 Galerie l'Aiguillage, Les Frigos, Paris
Galerie Artélano, Paris
2003 Galerie Artélano, Paris.
2002 Galerie Carat, Paris.
Galerie Artélano, Paris.
Musée d'Art Moderme de la ville de Bonn. Expo de groupe, Allemagne.
2001 Galerie Carat, Paris.
1999 Galerie Fleck, Berlin.
1997 Galerie Fleck. Expo de groupe. Berlin.
1995 Salle St Jean, Hotel de ville de Paris
Centre d'Art contemporain de la ville de Rouen.
1994 Galerie Fox and Brooks, Londres.
1992 Fiac Galerie Lucien Durant, Paris.
1991 Accrochage Lucien Durant, Paris.
1988 Accrochage Lucien Durant, Paris.


PRESSE

Les paroles, peuvent-elles exprimer les subtiles émotions que suscite une peinture ? Non, parce que « Il y aura toujours quelque chose que la parole ne peut pas rendre complètement, et ce n’est pas le superflu, mais l’essentiel, » écrit Wassily Kandinsky (1). Ainsi, il devient difficile de parler de la peinture d’Etienne Assenat puisque nous savons que les mots pour définir son art seront voués à l’échec. Parce que sa peinture d’ombre et de lumière, de couleurs réfléchies, ajustées, mesurées, de formes qui s’accrochent au monde réel et qui pourtant se transfigurent pour amener loin, vers un ailleurs fait de découvertes intérieures et d’apaisement, parce que sa peinture ne peut pas être cloisonnée dans la trajectoire noire et blanche dont est faite l’écriture. « La beauté d’une toile est une intrigue. Une dose d’énigme est nécessaire, » dit Assenat. Pourtant, ce sont les mots qui l’ont poussé à passer à l’acte, à choisir de s’exprimer par le geste du peintre longtemps retenu, longtemps nié comme une nécessité. Ce besoin impérieux de prendre les pinceaux et de travailler la couleur lui a été révélé par les mots limpides de Paul Valéry (2), quand il parlait de « fonction cachée, dans l’effet de l’œuvre. » Un propos d’un impact déterminant, devenu presque une devise pour Assenat, et qui lui a montré tout ce que la peinture doit contenir : un mystère à partager. « Qu’est-ce qui crée le fonctionnement d’une toile ? » - s’interroge Assenat – « Ce qu’on ne voit pas mais ce que la toile montre, définit exactement ce qu’on ne verra jamais, » répond-il. Sa peinture ancrée dans le réel - « la seule chose qu’on contient » dit Assenat – révèle des présences qui, dans ses dernières toiles, se déroulent de plus en plus dans des lignes abstraites et qui cheminent vers un espace intemporel. Espace qui est un seul et unique champ de couleur, fond qui accompagne et soutient la figure. Mais il s’autorise aussi, sans aucune règle, à traiter ce même espace en deux étendues de couleurs juxtaposées, en haut et en bas, qui amènent une émotion mentale. « Il s’agit d’un travail de repartie entre la toile et moi,» explique Etienne Assenat. « Ce que je donne, la toile le prend et puis elle me dit ce que je dois lui donner, et ainsi de suite. » Un dialogue qui demande du temps. Qui l’exige même. Le temps est peut-être la composante la plus importante des tableaux d’Etienne Assenat. Donner du temps au temps, voilà la richesse de ses toiles où le traitement de la couleur en est le signe le plus évident. Pas des simples aplats, des couches, mais des voiles sans gravité qui se superposent à la recherche d’une justesse dont seule la main du peintre connaît la limite. Et le regard en est happé. C’est un naufrage pour le spectateur, un voyage qui n’a plus de repères temporels. L’œil est subjugué par l’intensité des vibrations chromatiques. Effet de la couleur, effet de la forme, effet de la ligne, un tout qui contribue à une efficacité sans nom et qui pourtant, paradoxalement, rencontre une barrière. Toutes les œuvres d’Etienne Assenat sont encadrées, en blanc, et sous verre. « Je ressens le besoin d’isoler mes présences, » dit-il. Ce choix est une formule qui participe de l’atmosphère de l’œuvre, qui ajoute un élément de plus à sa « fonction cachée. » Une solution formelle qui révèle et qui en même temps recèle des fragments de vie. « Dans chaque tableau une vie entière est mystérieusement renfermée, une vie pleine de douleur et de doutes, d’heures d’enthousiasme et de lumière,» dit Kandisky.

_Gabriella Gatto

1 Du spirituel dans l’art.
2 Le retour de Hollande, Variété II.


Télérama
(Juin 2004)

Les Frigos, sur les quais de Seine, furent, avant la construction de la Bibliothèque de France, un haut lieu de la création avec plus d’une centaine d’ateliers récupérés sur d’anciens frigos de la SNCF. Pas étonnant donc qu’une nouvelle galerie nommée l’Aiguillage ouvre ses portes et inaugure avec des toiles récentes d’Etienne Assenat, un bon et fort artiste qu’on a à l’?il depuis longtemps. Avec leur aspect lisse, inspirées par l’effet photographique, les toiles d’Assenat offrent des corps et des gestes flous en mouvement. Passage du temps, silence d’une peinture magnifique à découvrir d’urgence.

_ Par Laurent Boudier et Bénédicte Philippe