EXPOSITION Du 22 juin au 24 juillet 2010

L’AIGUILLAGE GALERIE
présente

DELPHINE ABOULKER, PEINTURES



Exposition du mardi 22 juin au samedi 24 juillet 2010
Ouvert du mardi au vendredi de 12h00 à 18h00 et, en présence de l’artiste
Les samedis et dimanches 26 et 27 juin, 4, 10 et 11 juillet, de 12h00 à 18h00



EXPOSITION
DELPHINE ABOULKER.

Il y a dans la peinture de Delphine Aboulker une simplicité, une évidence. Pour cette jeune artiste qui, architecte de formation, a pour habitude de représenter le monde en perspective, l’aplat semble un retour au premier degré. Une « remise à plat » ? Et pourquoi pas.
 
Mais pour Delphine Aboulker, dont le travail s’apparente ouvertement à l’esthétique de Rothko, cette « platitude » n’est pas exempte de profondeur. Sa gamme chromatique et l’habilité de ses formes génèrent des jeux d’absorptions mutuelles, des palpitations, des effacements discrets et des affirmations soudaines.
 
De ces tableaux-écrans d’où jaillissent parfois de tremblantes figurations ou quelque mot arraché au monde, on garde un souvenir trouble et troublé. Un voile opaque sur lequel peuvent à l’envi s’inscrire nos angoisses comme nos joies.
 
Focillon avait un titre d’une grande beauté pour parler d’histoire de l’art : « la vie des formes ». Chez Delphine Aboulker, la forme vit. Elle naît, évolue, se développe et se perd. Prise entre la fébrilité des contours et la vigueur chromatique, la forme se révèle le reflet de notre condition paradoxale de spectateur et, même – disons-le – d’être humain : fragilité et force, rupture et continuité, limites et profondeur… Les formes vivent donc, mais nous vivons de surcroît avec elles et en elles.
 
Delphine Aboulker est obsédée par une matérialité qu’elle n’atteint pas. On croirait ses toiles toute dévolues au simple bonheur des tons et de la pâte, mais, malgré elles ou presque, il demeure une invitation à la rêverie cérébrale. Cette peinture enchante l’œil et aiguise les appétits du cerveau. Dans ces continents, arrachés à l’imaginaire des couleurs, il y a donc des voyages à faire, des sentiers à trouver, des territoires à conquérir.
Mathieu de Sainte-Croix